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| ARAB ON RADAR (usa) 15, 16, 17, 18 et 19 septembre 2000
Septembre dernier. ARAB ON RADAR envahissait
lEurope pour la première fois. Et daprès le texte de laffiche, on
avait plus quà trembler dans les foyers : " Un groupe unique et sans
précédent, du terrorisme psycho-neurologique. AOR génère plus dénergie et
dhystérie que nimporte quel autre groupe vu auparavant. Provoque sur le
public des attaques cardiaques et un état dexcitation sexuel exacerbé. Ce
nest pas une blague. Ce groupe va vous contaminer ".
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Le temps de ces quelques lignes pour remercier au passage GORDZ de mavoir supporté dans leur van 5 étoiles, la première date senclenchait au nord, à Dunkerque exactement. Un concert chez lhabitant puisque cest le salon, au dimension supérieure à la moyenne, du groupe MILGRAM (un album sur Pandemonium records)qui sert de décor. Une énorme bâtisse où ils vivent, répètent et occasionnellement organisent des concerts sous le manteau. Mais un bouche à oreille qui fonctionne plutôt bien. 80 personnes au bas mot sentassent pour cette première levée. Un cadre original mais qui ne surprend pas les ricains, habitués quils sont dans leur beau pays à jouer chez lhabitant ou pour des soirées privées. Loccasion aussi de prendre la température et de faire connaissance avec 4 gars charmants et bien moins sauvages que laffiche lannonçait. Mais on sen doutait ! Avec un cinquième membre renommé, Mark Fisher, ze boss of Skin Graft himself, installé depuis peu en Europe, à Vienne, et pas revu dans nos contrées depuis une autre tournée mémorable avec US Maple.... |
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Et si avec US Maple, on touchait du
doigt une certaine idée de la débilité légère, Arab On Radar enfonce le clou au-delà
de nos espérances. Tous habillés dun même costume vert-de-gris, le quator (un
batteur, 2 gratteux et un chanteur), dès le one-two-three-four strident balancé par le
batteur et qui lancera par la suite chaque début de morceau, disjoncte complètement pour
ne plus sarrêter pendant une bonne demi-heure. Chacun part dans un délire perso et
cest à celui qui paraîtra le plus stupide possible. Inimaginable ! Des
chorégraphies de limpossible. Vous navez pas assez de vos deux yeux pour tout
mater, ahuri que vous êtes par leurs extravagances scéniques. Les 2 guitaristes qui se
traînent par terre, montent sur les amplis, se grattent loreille avec le pied
gauche tout en jouant (enfin presque, dans la mêlée, jai pas tout bien vu). Le
batteur qui passe plus de temps debout quassis pour frapper comme un sourd sa pauvre
batterie ou qui prend ses baguettes pour des hélices dhélicoptères. Mais à ce
petit jeu, le chanteur remporte la palme. En pleine fièvre du samedi soir, ce John
Travolta élevé au Tex Avery crie à qui veut lentendre que " personne ne
danse aussi bien que moi ". On le croit sans problème. Un guignol de première
qui se démantibule de partout, un sens du déhanchement aussi fluide et sexy quun
CRS en tutu, des expressions de visage qui frôlent linternement psychiatrique
immédiat, bref un répertoire de conneries jamais vu sur scène. Et je nexagère
vraiment pas ! Ce groupe est complètement loufdingue et pètent les plombs comme
jamais, façon grand show à laméricaine tout en restant très spontané. Et la
musique dans tout ce bordel est délicieusement cacophonique ! Ca couine, ça crisse,
ça dérape . De loin, on pourrait croire que cest nimporte quoi. Mais à
la manière de US Maple, cest très maîtrisé version plus bruyante et électrique.
Auparavant, GORDZ aura donné le ton de la soirée. De lhumour, loufoque juste ce
quil faut, de nouveaux morceaux bien sentis dans un style noise Chicago Skin
Graftien plus épuré. Mais une prestation où on les sent un rien fatigué. Pas encore le
rythme sans doute. Cest pas tous les jours quon entame un world french
tour ! Et ce nest que le début dune
longue nuit où les langues se délient, le corps de nos chers ricains de se trémousser
sur les standards de la variété internationale et où on apprend la signification de ce
bizarre patronyme, Arab on Radar, qui surprend plus dun frenchy. Cest un des
deux guitariste, Mr Clinical Depression qui sy colle : Après une nuit des plus courtes et
un accueil des plus chaleureux, cap sur Rennes ! At home, devant une petite poignée
daficionados qui restera la plus maigre des affluences parmi ces 5 dates
françaises. Shame on us ! Je ne pas vous narrer les prouesses scéniques des 4 mecs
les plus oufs à louest de Pecos. Cest dans la même veine que la veille. Et
de part laspect visuel quils dégagent, on sen prend toujours plein les
mirettes et on ne sennuie pas une seconde. Par contre, Gordz, attendu au tournant
dans une ville quils ont déjà souillé de leurs déviances sonores, hausse la
cadence. On a presque le droit à des sketches avant, entre et pendant les morceaux.
Tendance rare chez un groupe français. Gordz donne dans le second degré à outrance, se
prend pas au sérieux et assure comme des bêtes. Ca garde un coté bancal et
rafraîchissant, pas le genre à donner 2 fois le même concert. Tout comme pour AOR dont
on se prend à se demander quelles ont été les réactions les plus surprenantes de la
part du public pendant leurs concerts.... Toujours Mr Clinical Depression : Quant à leur attitude sur scène
(" 4 mecs essayant dêtre le plus stupide possible "), Mr C.D.
continue : Après une autre nuit des plus agitées lors de la grande braderie annuelle à Rennes où tout le monde dort, déambule et picole dehors (ce qui ne manque pas de stupéfier les ricains car chez eux, vu le niveau dinsécurité, une telle manifestation est impensable), cest main basse sur Poitiers ! Arrivée en douceur dans une belle après-midi dominicale et ensoleillée. Arab on Radar et Gordz ne sen laissent pas compter et à lheure de lapéro, dans le hall du Confort Moderne, plus dun pastis tourne à laigre. Les Arabes sur le Radar laissent rarement indifférent (surtout à Poitiers ahah !). Soit on reste sur le cul, soit on fait la mine des mauvais jours, on se demande cest quoi cette mauvaise blague et on ne demande pas son reste. Ce dimanche en fin daprès-midi qui sannonçait tranquille, seule une poignée resteront.... Et cest pour ça quon les aime, pour linconfort dans lequel ils nous plongent, cette façon de nous surprendre et nous apporter quelquechose de forcément nouveau. Ca passe ou ça casse ! Et encore heureux que le public ne
comprenne pas les paroles ! (imprimées tout de même sur les disques) !!
Yaurait de lincompréhension totale dans lair.... Le sujet central est le
sexe. Avec des mots crus, une queue est une queue. Avec un sens de lhumour bien
accroché. Avec des odeurs de muscles transpirant dans les vestiaires, machos de tous
poils, unissez-vous. Avec un non-sens continu, des profs attirés par leurs étudiantes,
des érections matinales en regardant les jolies jeunes filles prendre leur bus. Ou encore
Judy Garland qui na jamais utilisée de tampons ( ! ?). Ca mérite là
encore quelques explications. Mais hélas ce nest pas le principal intéressé,
cest à dire le chanteur, qui en parle mais toujours Mr C.D. : Le lundi, on reprend la semaine pour Paris, aux Instants Chavirés. Cette fois-ci, ce nest pas Gordz qui ouvre, mais un autre groupe local dont je ne me rappelle plus le nom (oups !) mais qui comporte deux membres dHeliogabale et lancien chanteur de Cornice dont la voix fait toujours autant penser à Mark E. Smith. Une musique sage et bien faite quon pourrait, par manque dimagination, qualifiée de post-rock mais qui demanderait un bon coup de pied où je pense ! Par contre, des conditions de sons impeccables pour le concert le plus audible des 5 dates dAOR en France. Et pour la dernière date, à Lyon,
ce sera le feu dartifice. Le temps auparavant de faire un bout de trajet dans le van
dAOR. Et quelle ne fut pas ma surprise de faire la route bercer par du rap, le
premier Metallica et des vieilleries seventies ! Lauto-radio en était
plein ! Et, entre deux airs dautoroutes, quelques confidences sur leur prochain
album : Comme beaucoup de villes en France, Lyon peine à trouver des salles de concerts (même si Le Pez Ner vient de réouvrir ses portes début mars 2001) accessibles aux associations DIY, comme SK qui organise les festivités. Cest donc au Kaminclub et sa petite salle au plafond bas et à la température surélevée que sentassent Gordz et AOR. La foule des grands soirs. 10 personnes au mètre carrée. Masque à oxygène obligatoire ! Pour ma part, le concert sécoutera plus quil ne se verra et autant laisser la place aux autres, nest ce pas ! Jaurais juste le temps de voir le batteur dAOR nu comme un ver (les autres nont enlevé que le haut), la zigounette coincée entre ses cuisses pendant quil marzèle en cabence ! Leur meilleur concert, le plus fou daprès leurs propres dires depuis le début de leur tournée européenne, surchauffés quils étaient par cette ambiance forcément très électrique. Ils en sortent radieux et avec 3 kilos en moins ! Quelques accolades chaleureuses plus tard, leur périple continue plus au sud, bonjour lItalie et pour nous back in Panam avec Gordz. Et sendormir du sommeil du juste sous hautes doses de rêves agitées.... SKX (15/02/01) |
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