![]() L'attente.... La préparation.... Le concert! |
Dès
fois, on se dit qu'on aurait mieux fait de rester couché. C'était
pourtant un dimanche qui s'annonçait bien, radieux, un de ces beaux
dimanche de printemps ensoleillé, les oiseaux gazouillaient, les
arbres frémissaient, la chaleur régnait, tout le monde était
beau et souriait comme dans un roman de Barbara Cartland, la bière
était fraîche, les jupes rétrécissaient, les
décolletés décollaient, les
oups, je m'égare!
Mais il est écrit que le dimanche n'est pas le jour du rock'n'roll et notre seigneur bien aimé et haut perché nous l'a durement rappelé et a retourné contre nous le Dieu de l'Or Noir pour que l'essence vienne à manquer dans le van des mécréants américains de Yaphet Kotto. Et c'est ainsi qu'une modeste association, dont la réputation pour ses concert débutant à l'heure n'est plus à faire, passe encore une fois pour des rigolos de service ! Ou comment transformer un apéro-concert censé débuter à 19h en concert à l'arraché en début de nuit ! Pourtant, tout était prêt, la sono soigneusement préparée, le frigo rempli, les plats fumants, la caisse pleine de monnaie sonnante et trébuchante et le public au rendez-vous et relativement nombreux (environ 80 personnes) pour un dimanche soir. Hélas, Yaphet Kotto est tombé en panne sèche à l'entrée de Rennes, après déjà un sérieux retard dû à de nombreux bouchons en quittant Bordeaux. Suit une cavalcade effrénée pour les localiser (ils ont eu la bonne idée de rester en rade au beau milieu de nul part !), une guerre des portables impitoyable, un regret soudain pour ne pas avoir suivi plus assidûment les cours d'anglais au lycée et après trois tours de rocade et quelques demi-tours intempestifs, on les retrouve enfin sur le bord de la route. Dedans, 9/10 personnes entassés. Et malgré toute notre diplomatie pour leur signifier qu'il faut se magner l'arrière train si ils veulent avoir une chance de jouer avant que le bar ne ferme, nos chers américains, leurs copines et 2 allemands accompagnateurs palabrent pendant d'interminables minutes pour savoir qui fait quoi, non en France, tout est fermé le dimanche, ya pas de station service dans le coin, non on ne peut pas prendre tout le monde dans notre petit van, juste les musiciens et leur matos en poussant bien. Non, on ne vous abandonne pas, les Français n'ont jamais mangé personne sur les bords de la route, juste écrasé quelques-uns alors remontez vite fait dans votre van tout pourri avant que ça barde, on n'a pas que ça à fouetter !! L'avantage avec ces groupes ricains, c'est qu'ils n'ont pas besoin de trois plombs (manquerait plus que ça !) pour se préparer à jouer. Le matos est déchargé et monté en un temps record. Il faut à peine le 1er morceau pour se régler et Yaphet Kotto est dans le bain avec suffisamment de hargne, de fatigue, de stress et la faim au ventre pour nous donner un concert épique ! Beaucoup plus violent et puissant que sur disque (mais le déroulement de la soirée y est peut-être pour quelquechose), notamment le batteur, échappé du Muppets Show, véritable cogneur tout en gardant le groove. Très impressionnant. On cherche en vain un carré de peau qui ne soit pas tatoué pour l'un des deux guitaristes. Le bassiste black nous gratifie, comme sur disque, de magnifiques envolées vocales. Concert intense et forcément court. Le public (enfin ceux qui sont restés) en redemande mais certains membres sont déjà repartis chercher leurs camarades pendant que les autres se jettent sur la nourriture. Tout le monde finira par rentrer à bon port. Une soirée bizarre. Pas le temps de sympathiser avec le groupe. Ils sont énervés, usés, vidés. Les copines de deux membres du groupe prennent la tête à leur copain respectif. Tension palpable sur le trottoir au sein du groupe. Restez avant tout à l'écart. Coucher tout le monde, une bonne nuit leur fera du bien ! Mais certains préfèrent arpenter le bitume de Rennes dans la nuit noire et régler quelques comptes en famille. Vive le rock mais moi, je vais me coucher ! SKX
(08/11/2002) |