retour à l'édito

sommaire   C o m p t e s - r e n d u s

GODSPEED YOU BLACK EMPEROR!

• Scala, Londres (21/11/2000)
 

Apres une courte prestation du joli mais dispensable trio Town & Country et l'habituelle inspection réglementaire du bar (faut bien que quelqu'un s'en charge), voilà que débarquent les montréalais tant attendus de Godpeed You Black Emperor! On a décrit leur musique comme du post-rock couillu avec une pointe d'Ennio Morricone (description un peu légère a mon goût, car avec 5 guitares et basses, ca fait plutôt mal quand ils s'énervent...) ou encore comme une jam entre la section rythmique de Neurosis et les instruments à cordes des Rachel's augmentés de quelques guitares, ce qui est déjà plus proche de la réalité. Le terme « Mur du son » leur irait également à merveille s'il n'était pas déjà attribué a Phil Spector. Car si mur du son il y a, il a plus à voir avec GYBE! qu'avec la production du « Pet Sounds » des Beach Boys... Bref, on savait pertinemment que la scène était leur élément, ce qui rendait ce rendez-vous encore plus attendu. Pour une formation « rock », j'avais rarement vu autant de musiciens sur une même scène (batterie, percussions, violon, violoncelle, guitares et basses - neuf en tout), auxquels s'ajoute un projectionniste. Sur ce point, leur musique s'accommode parfaitement de ces images en noir et blanc ou colorisées, projetées en boucles ou saccadées au rythme de la musique. D'ailleurs, GYBE!, avec leur travail de rétention et leurs fréquentes montées d'adrénaline, serait sûrement le groupe idéal pour sonoriser les films muets de F.W. Murnau ou Fritz Lang. Comme sur les quelques disques anonymes qu'ils ont parsemés ces dernières années, GYBE! éclate les formats musicaux traditionnels. La voix est absente à part quelques samples (même pas d'intervention entre les « morceaux »), des éléments de musique classique sont répétés a l'infini et ne font que souligner la tension larvée menant invariablement à l'explosion, les neuf membres improvisent tous ensemble, martelant leur instrument jusqu'à ne plus penser à rien... Leur impressionnante maîtrise du contraste calme/tempête et le bruit qu'ils apprivoisent comme sur les meilleurs morceaux de My Bloody Valentine les imposent comme un des groupes live les plus passionnants de l'époque. Apres un set épuisant de deux heures (!) comprenant pas mal de titres de leur dernier opus (cf. chronique) et quelques inédits et qui se termina en cacophonie chaotique, on a qu'un mot en tête : brillant. On en viendrait même à pardonner à nos amis québécois les chanteuses horripilantes qu'ils nous envoit par charters entiers depuis des décennies. Presque. PS : des dizaines de titres live de GYBE! au format MP3 sont librement téléchargeables sur le site anglais NowWashYourHands.com. Attention, ce sont pour la plupart des fichiers énormes (env. 20 MB)...

RAPHA (22/11/00)



Chroniques | Interviews | Compte-rendu de concert | Articles |
>