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DE KIFT

• 26/02/00 au JARDIN MODERNE - RENNES


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Stop ! Tout le monde descend ! Depuis le temps qu'on attendait ça ! DE KIFT, là, chez nous, à Rennes, rien que pour nous ! Leur concert à Amsterdam, perdu au milieu de la soirée anniversaire de The Ex, nous avait déjà mis l'eau à la bouche. Mais là, c'était leur soirée, unique, que eux tout seul. Vraiment tout seul. Faute de groupes et désistements divers, pas d'accompagnement en première partie. Mais le plat principal est suffisamment copieux ! D'abord, pour pleinement apprécier un concert de DE KIFT, il faut comprendre les coulisses. Plus qu'une tournée, De Kift part avant tout en vacances. Une troupe familiale, lancée à faible allure dans des véhicules chargés jusque dans les roues de secours, la grand-mère dans le coffre, les enfants, jeunes, blonds comme les blés et avec le ballon de foot. 16 personnes au bas mot qui débarquent à la maison, c'est pas tous les jours et histoire ambiance, c'est pas Neurosis ! Ca grouille de partout et la troupe peut prendre position. Reliftage total de la scène, du plafond au plancher. Un grand drap épais kitsch avec ses partitions à fleurs. La grand-mère et la plus belle table de merchandising qu'on ait eu l'occasion de voir à l'ouest du Pecos avec deux surprenants séchoirs en guise de néons. Des cuivres, une contrebasse, une batterie branlante. Et 5 énergumènes en costards dépareillée rétro sur scène. Des vieux, des jeunes, des gueules de John Wayne, des faux-airs de Pee-Wee. Y'en a pour tous les goûts. Le (grand) père avec son cuivre et sa chaise pour se reposer entre 2 morceaux. Son fils, l'aîné, son air de vieil ours mal léché et fatigué de la vie. Un second fils, le jeune, en maître de cérémonie, le charisme du chanteur. Embarquement immédiat. C'est le théâtre, c'est le cirque, l'image et le son, plein les yeux, du miel dans les oreilles. De l'émotion, du rire, du suspens, enfin presque ! C'est 2 heures, rappels compris, de chansons qui vous filent le frisson (ah ! cette version de " bierflessengesen ", pignante), de chansons à boire et à danser, un vrai spectacle au sens 1er du terme. Les applaudissements sont nourris, rarement entendu ça de mémoire de go-go concerts et le sourire qui vous défigure la tronche. Ce qui ne manque pas de surprendre à chaque fois De Kift. Les paroles de De Kift, ça chante plutôt la misère, des histoires de pauvres gens, la guerre, plutôt Brel que Carlos ! Alors de voir des gens afficher une mine si réjouie, le décalage les surprend toujours un peu. Pourtant le chanteur se donne du mal, traduit régulièrement les paroles en français dans des jeux de scène épiques. Et nous, le cher public, on comprend bien que les chansons traînent leur tristesse sur le trottoir, y'aurait pas de quoi rire. Et pourtant on rigole. On rigole, sans moquerie, de leur bonhomie, de leur dégaine pas possible, de leurs choeurs bras dessus bras dessous, des traductions ésotériques du chanteur et de ses bons mots plus ou moins volontaires. Ils nous renvoient direct en pleine face une bonne coulée de chaleur, toute simple et profondément humaine. Ils nous communiquent leur joie de jouer, nous font don de leurs chansons. Un concert, pour eux, c'est pas seulement quelques musiciens qui viennent, qui jouent, merci-bonsoir et on se casse. C'est une réelle communion avec le public et ils ont l'art de se donner et de mettre tout le monde dans la poche. Les plus sceptiques d'avant match se ramassent à la pelle. Je ne sais pas c'était quoi ce soir là, mais c'était plus qu'un simple concert.... On en parle encore dans les chaumières, la larme à l'œil ! Direct dans le top five des concerts de ta vie !!

SKX (27/05/00)



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