Adieu La Baleine Bleue. Bonjour le Mondo Bizarro! Personne ne regrettera la noyade de La Baleine. Ah ça non! Et c'est sur un titre des Ramones que le flambeau des Tontons Flingueurs est repris. Ce nouveau club-concerts, une véritable bouée de sauvetage pour de multiples associations rennaises. Et K-Fuel inaugure dignement l'organisation de son 1er concert au Mondo par une affiche de chefs et une affluence record. La salle est comble, n'en jetez plus! La température monte allègrement, l'air irrespirable, le bar inaccessible mais on ne va pas bouder notre plaisir!

Pourtant, pour le premier groupe et invités de dernière minute, le public est encore restreint. AGRIPON, duo parisien guitare-batterie rudimentaire à tendance déglinguée. Entre Old Time Relijun et quelquechose de bien bancal, improvisée, sur la corde raide mais bien énergique et plaisant. Cette découverte respire la fraîcheur des banlieues de campagne! Prestation courte mais idéale pour la suite des événements.

GUAPO - CHEVAL DE FRISE. CHEVAL DE FRISE - GUAPO. L'ordre n'avait que peu d'importance. Vu la qualité et maîtrise des deux groupes, aucun ne pouvait prétendre être la première partie de l'autre. Mais comme il fallait bien que l'un débute, c'est finalement GUAPO qui s'y colle. Malgré ces 8 ans d'existence, Guapo reste méconnu et Cheval de Frise, malgré sa jeunesse, semble s'être déjà taillé un joli petit nom et a attiré le gros de la troupe.... Pour ce premier concert de la tournée française, Guapo inaugure une nouvelle formule. Il sacrifie leur sacro-saint duo historique basse-batterie avec l'adjonction d'un troisième larron aux claviers et samples. Un grand échalas tout en jambes, avec des santiags rouges qui ne passent pas inaperçues. Assis sur une chaise qui semble trop petite pour sa taille, ce Ray Manzarek de la noise semble un grand, égaré dans la classe des petits! Mais il assure diablement le bougre, se donne sans compter dans son petit périmètre et allège d'autant le bassiste, chargé jusque là de la gestion des samples depuis les débuts du groupe. Revenu à des prestations moins expérimentales, Guapo offre un set solide. De longs titres s'enchaînent, sans temps morts, des montées tendues, des rythmes qui hypnotisent. Le batteur fait parler la classe tout en souplesse. La basse vous cogne le plexus. Très impressionnante démonstration de musiciens hors-pairs au service de la composition.

Avec Cheval de Frise, on clôture ce qui aurait pu être la soirée des duos si Guapo n'avait pas trahi la cause des couples fatales! Là encore, on tape dans le registre des musiciens qui connaissent la partition mais qui servent avant tout les émotions dans un style plus calme. Guitare acoustique en maître de cérémonie, tension sous-jacente ou franches envolées, le duo bordelais vous ballade sur ses montagnes russes. Les nouvelles compositions gagnent en durée, en complexité et donnent la couleur d'un 2ème album à paraître à l'automne prochain. De tels morceaux demandent bien sûr de la concentration, pas facile de se lâcher, de se laisser aller à plus d'imprévisibilité mais pour autant le duo garde son charisme. Le guitariste au déhanchement nerveux, tout recroquevillé sur son instrument. Le batteur dans la fournaise, en sueur, qui laisse tomber le t-shirt. Le public en redemande. Cheval de Frise va jusqu' au bout de son galop et même au-delà. Rafraîchissements pour tout le monde madame la barman!




Guapo
© Arno Guillou


Agripon
© Arno Guillou





Après la surpopulation du concert précédent (Cheval de Frise and co.), dur retour à la réalité avec une audience maigrelette pour deux groupes dont c'était la première escapade en France. Public frileux qui devant l'inconnu fait profil bas et se terre chez lui. Alors que la découverte pour 40 balles, oups pardon, pour 6 euros, c'est pas vraiment la mer à boire! Tant pis, on avait au moins toutes nos aises pour apprécier ce grand moment de rock'n'roll!

Les Allemands de Metrophon, qui accompagnait Song Of Zarathustra sur toute la tournée européenne, avait jusque là bien garder leur secret. Pas un son n'avait filtré jusqu'à nos oreilles. La découverte totale pour tout le monde! Formation classique guitare-basse-batterie avec un quatrième aux claviers et, plus surprenant, au saxo. Passé le 1er morceau où tout le monde s'échange ses instruments, plus personne ne bougera et le concert peut réellement débuter. On est dans un registre proche de SOZ mais avec des accents plus noisy, une pointe de Sonic Youth sur certaines montées de guitares, Unwound dans les mélodies. Et ce saxo, inhabituel pour ce genre de musique, qui mériterait une présence accrue car ça apporte une vraie touche d'originalité. Metrophon se donne à fond et sans nous la mettre, à fond, offre un plaisant moment (pour le jeu de mot stupide sur leur nom, on était pas les premiers à leur expliquer cette grande finesse de la langue française!).

Avec Song of Zarathustra, on passe une bonne catégorie au-dessus. Avec un guitariste en plus par rapport à leurs enregistrements, SOZ fait parti de ces groupes américains pour qui le spectacle et l'aspect visuel sont tout aussi important que la musique proposée. Et ça, le chanteur l'a bien compris! Une bonne partie du show repose sur sa prestance. Figure charismatique, il centralise les regards par ses poses rock'n'roll, le pied sur les retours, le micro qui vole dans tous les sens, la gestuelle très étudiée. Et le fait qu'il joue en même temps du clavier lui offre un accessoire supplémentaire pour sa chorégraphie. Ca peut agacer mais j'avoue que je trouve ça très plaisant. Naturel, sincère, juste ce qu'il faut sans en faire des tonnes et sans aucune arrogance vis à vis d'un public qu'il n'oublie jamais de remercier très régulièrement. Le groupe est sur orbite. Les nouveaux titres augurent d'un prochain album (juin 2002) très prometteur. Le son est plus rock'n'roll que sur disque. Le clavier moins lugubre et SOZ balaie tout sur son passage. En rappel, on a le droit à une reprise de "thame" des Pixies (et qui figurera sur l'album à venir), assez fidèle à l'original mais qui a le mérite de finir d'enflammer le public conquis.

"We are Song Of Zarathustra and we are sounding like this". Le reste, c'est du barratin. Le trou noir. C' est furieux et félin. Du sexe, de la noirceur. La grande classe!