retour à l'édito

sommaire   A r t i c l e s

WILLIAM PARKER

• Hôtel de la Duchesse Anne - 13h30





Ponctué par les mouvements de son archet, il offrait un récit évoluant à sa guise

 
En entrant dans la salle de réception de l'hôtel de la Duchesse Anne, je découvris un amas de chaises et de tables agglutinées autour d'un espace inoccupé. Le bruit des tasses de café noyait les conversations insignifiantes d'un public converti à l'utilisation du téléphone portable. Rires, déclamations en tous genres se déroulaient sans interruption, va et vient des serveurs soumis à l'implacable rythme de l'addition. Entre havanes et gauloises, William Parker se fraya un chemin pour atteindre le seul îlot encore vierge de transpiration. Une sommaire présentation du musicien ne suffit pas à calmer le flot des communications vitales et des réponses instantanées. Pourtant, les yeux fermés et dents serrés, William Parker commença à jouer avec sa contrebasse. Au début, totalement fasciné par son aptitude à ignorer les nuisances sonores, je me contentais de l'entendre, mais une fois l'effet passé, je ne pouvais plus que l'écouter. Ponctué par les mouvements de son archet, il offrait un récit évoluant à sa guise au moyen d'un langage épuré par sa volonté d'épurer les différents sentiments émanant de son jeu. D'un simple signe de tête, il mit fin à sa prestation. Sans aucune animosité envers ceux qui l'avaient ignoré, il reprit son souffle avant d'inviter l'un de ses compagnons à le rejoindre sur scène pour entamer un dialogue inopiné. William Parker avait quitté la scène depuis 5 minutes que je n'arrivais toujours pas à revenir parmi mégots et volutes. Désormais, je suis un prisonnier volontaire de son univers. Cette incarcération s'est déroulée le 31 décembre 1998 vers 16h13, je me devais de vous la signaler.
Gwen (30/05/99)(06/99)



Chroniques | Interviews | Compte-rendu de concert | Articles |